Savoir parler aux enfants

On peut bien sûr parler de la métaphysique en gaélique, mais nous allons maintenant parler avec la simplicité des enfants.

Ba mhaith liom barróg mhór.
[ba ouah liom baraug ouaur]
– est bon avec moi câlin grand
-Je veux un gros câlin !

Mot à mot, ‘il est bon avec moi un barróg’, ce qui est la manière gaélique pour dire que l’on voudrait quelque chose. Il faut admirer cette manière plutôt suggestive, indirecte et peu agressive de réclamer quelque chose.

Oiche mhaith a phaistí. Codladh sámh.
[I-ke ouah â fichti. Kolag* sôv*.]
– nuit bonne ô enfants. sommeil tranquille
– Bonne Nuit les petits. Faites dodo.

Paistí enfants, páiste enfant, du français page, mot venu en Irlande avec les Normands et leurs termes chevaleresques.

Maith an cailín. Seo duit greim bia
[Mah* ân kaulin*. Cheo doet greim bia]
Bonne la fille. Ici à toi poignée nourriture
T’es un petit ange. Le voilà ton goûter.

Maith an cailín, mot à mot, bonne la fille. Il est bien de féliciter et encourager la jeunesse de temps en temps. On peut également dire ‘maith an buachaill’, et ainsi suite. Curieusement cailín, fille, est en fait un mot masculin, dû au fait qu’il provient d’un mot latin masculin signifiant voile. Nous voyons encore du latin dans buachaill, venu du mot bó, vache, ce qui est venu à son tour du même mot latin qui nous donne le français bovin. A l’époque buachaill signifiait bouvier, aujourd’hui il signifie simplement un jeune garçon. Toujours dans un souci d’enrichir leur vocabulaire, les Irlandais ont cherché chez les Normands un autre mot pour buachaill, et du mot français garçon ils ont fait gasúr. En même temps ils ont trouvé en girseach un autre mot pour cailín.

An gasúr agus a theadaí. An ghirseach agus a babóg.
[ân gâsur âgus â taidai. ân girchak âgus â babaug]
– le garçon et son nounours. La fille et sa poupée
-Le garçon et son nounours. La fille et sa poupée.

Daidí na Nollag agus an Púca.
[didi nâ nolâg âgus ân puka]
Père de Noël et le Púca*
Le Père Noël et le Père Fouettard*.

* Le Père Fouettard n’a pas d’équivalent en Irlande. Par contre il y a an Púca, un personnage plutôt malveillant, mystérieux et rusé. Il est souvent utilisé pour faire peur aux enfants.

Cailín bocht! Tá pian aici.
[kaulin* bokt. tô pin iki]
-fille pauvre. est douleur à elle
-Pauvre fille ! Elle a un bobo.

Buachaill dána! Tar síos ón chrann nollag.
[buakil dôna. tar chios aun kran nolâg] Garçon méchant. Viens en bas du arbre noël
Méchant garçon. Descend du sapin de Noël !

Il est tout à fait conforme avec ses études de gaélique d’installer un crann nollag chez soi. Il est également conforme de passer son temps dans les branches. Un grand roi légendaire, Suibhne (Sweeney) a fait pareil. Le pauvre fut puni par les dieux, ceux-ci l’ayant rendu fou, il passa vingt ans de sa vie habitant les arbres. Les Celtes ont toujours eu une grande affection pour les arbres. Ceci qui n’a rien d’étonnant quand nous considérons qu’à l’époque de l’empire romaine 90 % de l’Europe était recouvert de forêt. En Irlande quelques arbres étaient spécialement vénérés, surtout le chêne. Doire est un bosquet de chênes et nous retrouvons le mot, ou l’orthographe anglaise derry, partout dans les noms de lieu. Ceci s’illustre particulièrement avec la ville de Derry. Pian est un mot parfaitement respectable. Dána signifie à la fois méchant et audacieux.

 

© Chronique-gaélique 2003 – tous droits réservés
Dernière mise à jour : dimanche 25 mars 2007
Un site-express réalisé gracieusement par ICS pendant la récré.

Laisser un commentaire